jeudi 15 avril 2010

LA REVELATION d'Hans-Christian Schmid


Film allemand, danois en couleur, 2008
Titre original : Sturm
En savoir plus sur le site "La Révélation le film"
Récompenses
Le film d'Hans-Christian Schmid s'est vu décerner de nombreux prix en Allemagne, dont le prix Amnesty International, le prix des Salles art et essai allemandes, celui des Lecteurs du Berliner Morgenpost, le prix de la Paix du Festival de Munich et le prix Bernhard Wicki 2009. Une reconnaissance des professionnels et des spectateurs.

PRESENTATION
2009, Tribunal pénal international de La Haye.
Goran Duric, ex-général en passe d'accéder à la présidence serbe, comparaît pour crime contre l'humanité. En charge de l'accusation, la procureure Hannah Maynard est très vite discréditée par les déclarations mensongères d'Alen Hajdarevic, son unique témoin. Elle réalise alors que Mira, la soeur d'Alen, en sait beaucoup plus sur l'accusé qu'elle ne veut bien l'avouer. Malgré les risques encourus pour sa vie rangée en Allemagne, Mira cède aux pressions d'Hannah et décide de témoigner. Mais c'est là sans compter sur les rouages juridiques du Tribunal et autres collusions politiques auxquels elles se retrouvent bientôt toutes deux confrontées. Jusqu'à mettre à l'épreuve leur complicité.

LA CRITIQUE[evene]par Nicolas Hecht
En pénétrant les arcanes du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie, Hans-Christian Schmid se penche sur l'histoire européenne contemporaine et les affres de la guerre civile, dans ces pays où les enfants grandissent trop vite. Le scénario de Bernd Lange (déjà aux côtés du réalisateur pour le 'Requiem') tourne autour de la relation entre Mira Arendt, une jeune Bosniaque qui a essayé de se reconstruire ailleurs pour oublier (mais comment repartir à zéro dans ces paysages ravagés de Bosnie, où douleur et misère imprègnent les murs ?), et Hannah Maynard, procureur au TPIY ayant décidé d'enquêter en Bosnie après le suicide de son témoin principal (le frère de Mira). Kerry Fox (Hannah) et Anamaria Marinca (Mira), bouleversantes sans excès, donnent chair à cette relation ambiguë, entre nécessité du témoignage et mémoire douloureuse. Les personnages secondaires ne sont pas en reste, et parviennent à dégager une réelle profondeur en quelques répliques. Pas de doute, Schmid sait s'entourer ; jusque pour la bande-son composée par les Notwist, jamais envahissante, toujours à-propos. Il excelle également dans ses cadrages, caméra à l'épaule, qui vont chercher l'émotion des personnages. Les teintes grises, blanches et noires, omniprésentes, soulignent la lourdeur et l'austérité bureaucratique auxquelles sont confrontés les protagonistes ; ces institutions dépassées, à court d'argent et donc de temps, protégeant des témoins pour ensuite les relâcher dans la nature. Jusqu'à la révélation et cet espoir qui clôt le film, dans un balancement continuel entre réalité et fiction qui en fait un drame aux allures de thriller politique d'une rare justesse.

mardi 1 décembre 2009

AFTER THE WEDDING de Susanne Bier


Film suédois et danois en couleur, 2006, tout public
Sortie en salle : 7 Mars 2007
Sortie DVD : 5 Mars 2008

PRESENTATION
Jacob Petersen a dédié sa vie à la construction d'un orphelinat en Inde. L'établissement étant menacé de fermeture, un généreux donateur, Jorgen, lui demande alors de rentrer au Danemark pour effectuer la transaction financière.
Une fois sur place, Jacob est invité au mariage de la fille de Jorgen qui a lieu le lendemain. Lors de la cérémonie, Jacob comprend que sa présence n'est pas un hasard.

LA CRITIQUE[evene]par Marie-Pierre Créon
Porté par le très charismatique Mads Mikkelsen, débarrassé de sa panoplie de “méchant” à l’hémoglobine lacrymale dans ‘Casino Royale’, ‘After the Wedding’ surprend indéniablement le spectateur. Et pour cause, la réalisatrice, Suzanne Blier filme avec un souci de réalisme bluffant, entraînant ses personnages dans une intrigue dramatique rondement menée, même si le pacte établit entre le donateur et Jacob Petersen fera frémir les spécialistes du droit européen. Mention spéciale pour Mads Mikkelsen qui montre toute l’étendue de son talent dans ce registre, faisant passer beaucoup de choses à travers un regard dénué d’expression savamment calculé. Autre découverte, le choc de la V.O. offrant toute la dureté de la langue danoise qui claque et qui roule avec fracas, ajoutant un caractère brut au film. On ne pourra aussi que louer la maîtrise de la temporalité, avec de longues scènes traduisant l’agonie des personnages, avec un Rolf Lassgard poignant dans le rôle de l’homme d’affaire sans scrupules. Un reproche cependant, la multiplication des gros plans interminables ponctuant ‘After the Wedding’, tantôt sur les yeux bleu marine de la mère, tantôt sur ceux de la fille, toutes les deux débordantes d’émotion. Le mieux est parfois l’ennemi du bien... Reste une interprétation dévastatrice et viscérale, touchant au plus près de la vérité

L'avis [de la presse]
Télérama - Frédéric Strauss (10 Mars 2007)
Avec sa façon de tenir le spectateur en haleine en lui racontant les vicissitudes de l'existence, Susanne Bier atteint ici la perfection de son système de cinéma.
Studio - Thierry Chèze (Mars 2007)
Porté par des grands comédiens, dont Mads Mikkelsen, ce film ne caresse jamais le spectateur dans le sens du poil. Et finit par convaincre.
Elle - Florence Ben Sadoun (05 mars 2007)
Un film qui tire avec brio un fil du passé pour faire basculer le présent dans un drame poignant.
Les Inrockuptibles - Vincent Ostria (06 mars 2007)
L'arrière-plan indien, pratiquement mis au rencard durant tout le récit, ne sera réutilisé que pour boucler la boucle avec élégance. Histoire de terminer sur un mode pseudo-positif et altruiste - politiquement correct.

jeudi 13 mars 2008

QUELLE CLASSE, MA CLASSE ! Un document sur un collège de Bobigny de Philippe Troyon


Date de sortie cinéma : 13 mars 2008
Long-métrage français . Genre : Documentaire
Durée : 01h00min Année de production : 2006

A ECOUTER EN PRIORITE : les contres-champs, entretiens avec Philippe Lacadée, psychiatre et psychanaliste, coordinateur européen du CIEN.

Synopsis : A l'entrée en sixième, 60 nationalités et un niveau scolaire parmi les plus bas de France. Paradoxe, dès la sortie en troisième, des résultats au brevet des collèges qui rivalisent avec les meilleurs et classent l'établissement parmi les 20 premiers du département. Comment enseigner aujourd'hui ? Comment donner l'envie d'apprendre à des enfants qui peuvent, dès leur plus jeune âge, être confrontés à une certaine exclusion de la société ? Ces réponses, l'équipe pédagogique du collège Pierre Sémard les ré-invente chaque jour en fédérant les élèves sur des projets éducatifs et artistiques où la participation de chacun rend les enfants responsables à la fois d'eux-mêmes, mais aussi des autres. La classe de cinquième A mène depuis deux ans un projet de classe artistique qui invite les élèves, à travers la danse contemporaine et l'écriture poétique, à une création sur le thème du voyage.

C'est une sortie un peu particulière pour un film qui ne l'est pas moins. Quelle classe, ma classe ! est un documentaire sur le collège Pierre-Sémard de Bobigny, où le principal Joseph Rossetto, mène de longue date un combat destiné à sauver ses élèves du fatalisme associé à l'échec des banlieues. Ce projet pédagogique consiste non à imposer un savoir aux enfants, mais à utiliser leurs propres connaissances et leur propre créativité pour rejoindre le programme général par la bande et avec beaucoup plus de succès. Le film n'a d'autre vocation que de rendre compte de cette expérience originale et fait partie d'un dispositif plus général qui compte également la publication d'un livre de Joseph Rossetto (Jusqu'aux rives du monde) ainsi qu'une longue tournée du film à travers la France, inaugurée du 13 au 16 mars au cinéma Les 3 Luxembourg à Paris.

mercredi 14 mars 2007

ECRIRE POUR EXISTER de Richard Lagravenese


Americain - 2006 - 2H03 - Genre : Comédie dramatique
Tout public
Date de sortie : 14/03/2007
Un film de : Richard Lagravenese
Avec : Hilary Swank, Patrick Dempsey, Scott Glenn...

Difficile conquête
Jeune enseignante idéaliste et candide de 23 ans, Erin choisit pour son 1er poste une classe réputée "difficile". L'ambiance empire au fil des jours, en dépit de ses efforts maladroits. Un incident mineur va donner à Erin l'occasion d'ouvrir enfin le dialogue, et d'accompagner ses élèves dans une délicate reconquête de leur amour-propre.

© Camera Press