
Film allemand, danois en couleur, 2008
Titre original : Sturm
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Récompenses
Le film d'Hans-Christian Schmid s'est vu décerner de nombreux prix en Allemagne, dont le prix Amnesty International, le prix des Salles art et essai allemandes, celui des Lecteurs du Berliner Morgenpost, le prix de la Paix du Festival de Munich et le prix Bernhard Wicki 2009. Une reconnaissance des professionnels et des spectateurs.
PRESENTATION
2009, Tribunal pénal international de La Haye.
Goran Duric, ex-général en passe d'accéder à la présidence serbe, comparaît pour crime contre l'humanité. En charge de l'accusation, la procureure Hannah Maynard est très vite discréditée par les déclarations mensongères d'Alen Hajdarevic, son unique témoin. Elle réalise alors que Mira, la soeur d'Alen, en sait beaucoup plus sur l'accusé qu'elle ne veut bien l'avouer. Malgré les risques encourus pour sa vie rangée en Allemagne, Mira cède aux pressions d'Hannah et décide de témoigner. Mais c'est là sans compter sur les rouages juridiques du Tribunal et autres collusions politiques auxquels elles se retrouvent bientôt toutes deux confrontées. Jusqu'à mettre à l'épreuve leur complicité.
LA CRITIQUE[evene]par Nicolas Hecht
En pénétrant les arcanes du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie, Hans-Christian Schmid se penche sur l'histoire européenne contemporaine et les affres de la guerre civile, dans ces pays où les enfants grandissent trop vite. Le scénario de Bernd Lange (déjà aux côtés du réalisateur pour le 'Requiem') tourne autour de la relation entre Mira Arendt, une jeune Bosniaque qui a essayé de se reconstruire ailleurs pour oublier (mais comment repartir à zéro dans ces paysages ravagés de Bosnie, où douleur et misère imprègnent les murs ?), et Hannah Maynard, procureur au TPIY ayant décidé d'enquêter en Bosnie après le suicide de son témoin principal (le frère de Mira). Kerry Fox (Hannah) et Anamaria Marinca (Mira), bouleversantes sans excès, donnent chair à cette relation ambiguë, entre nécessité du témoignage et mémoire douloureuse. Les personnages secondaires ne sont pas en reste, et parviennent à dégager une réelle profondeur en quelques répliques. Pas de doute, Schmid sait s'entourer ; jusque pour la bande-son composée par les Notwist, jamais envahissante, toujours à-propos. Il excelle également dans ses cadrages, caméra à l'épaule, qui vont chercher l'émotion des personnages. Les teintes grises, blanches et noires, omniprésentes, soulignent la lourdeur et l'austérité bureaucratique auxquelles sont confrontés les protagonistes ; ces institutions dépassées, à court d'argent et donc de temps, protégeant des témoins pour ensuite les relâcher dans la nature. Jusqu'à la révélation et cet espoir qui clôt le film, dans un balancement continuel entre réalité et fiction qui en fait un drame aux allures de thriller politique d'une rare justesse.